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Cinq pays européens accusent Moscou d'avoir empoisonné Alexeï Navalny
information fournie par Reuters 14/02/2026 à 19:58

(Actualisé avec réaction de la Russie)

par Muvija M

Le Royaume-Uni et ses alliés français, allemand, suédois et néerlandais se sont dits convaincus samedi que l'opposant russe Alexeï Navalny avait été empoisonné par une toxine mortelle dans une colonie pénitentiaire il y a deux ans, selon une déclaration conjointe.

Les cinq gouvernements ont affirmé que leur conclusion s'appuyait sur des analyses d'échantillons prélevés sur Alexeï Navalny qui "ont confirmé de manière concluante la présence d'épibatidine", une toxine provenant de grenouilles venimeuses d'Amérique du Sud et qui n'existe pas à l'état naturel en Russie.

La Russie a également été signalée à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques en raison de cette violation, selon la déclaration publiée par Londres et ses alliés.

Moscou, qui a nié à plusieurs reprises toute responsabilité dans la mort d'Alexeï Navalny, a qualifié ces déclarations de "canular de propagande occidentale", selon l'agence de presse russe Tass.

"Lorsque les résultats des tests seront disponibles et que les formules des substances seront divulguées, nous ferons des commentaires en conséquence", a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, citée par Tass.

"D'ici là, toutes ces affirmations ne sont que de la propagande visant à détourner l'attention des questions urgentes qui se posent en Occident", a-t-elle ajouté, en désignant Alexeï Navalny comme un blogueur "officiellement désigné comme terroriste et extrémiste en Russie".

Le gouvernement britannique n'a pas répondu à des demandes d'informations sur la manière dont les échantillons prélevés sur le corps d'Alexeï Navalny ont été obtenus, ni sur le lieu où ils ont été analysés.

"Les scientifiques britanniques ont travaillé avec nos partenaires européens pour découvrir la vérité", a déclaré à la presse la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper.

"CAUSE TRÈS PROBABLE"

Alexeï Navalny est décédé dans une colonie pénitentiaire de l'Arctique en février 2024. Son équipe, ainsi que son épouse Yulia Navalnaïa, accusent depuis le président russe Vladimir Poutine d'avoir ordonné son assassinat.

"J'étais certaine dès le premier jour que mon mari avait été empoisonné, mais maintenant, j'en ai la preuve (...). Je suis reconnaissante aux États européens pour le travail minutieux qu'ils ont accompli pendant deux ans et pour avoir révélé la vérité", a déclaré samedi Yulia Navalnaïa sur les réseaux sociaux, alors qu'elle assistait à la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich.

Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas ont souligné que Moscou avait les moyens, le mobile et l'occasion d'administrer le poison à Alexeï Navalny.

"La Russie a affirmé que Navalny était mort de causes naturelles. Cependant, compte tenu de la toxicité de l'épibatidine et des symptômes rapportés, l'empoisonnement est la cause très probable de son décès", ont-ils écrit dans leur déclaration conjointe, publiée quasiment deux ans jour pour jour après la mort de l'opposant russe.

"Ces dernières découvertes soulignent une fois de plus la nécessité de tenir la Russie responsable de ses violations répétées de la Convention sur les armes chimiques et, dans le cas présent, de la Convention sur les armes biologiques et à toxines", ont-ils ajouté.

"Nous sommes également préoccupés par le fait que la Russie n'ait pas détruit toutes ses armes chimiques", ont également écrit les cinq pays européens. "Nous utiliserons, avec nos partenaires, tous les leviers politiques à notre disposition pour continuer à demander des comptes à la Russie."

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré sur X : "Nous savons désormais que Vladimir Poutine est prêt à utiliser l'arme chimique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir. La France rend hommage à [Alexeï Navalny,] cette figure de l'opposition, tuée pour son combat en faveur d'une Russie libre et démocratique."

(Muvija M, avec James Mackenzie à Munich ; version française Nicolas Delame et Benjamin Mallet)

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